
Introduction : rénover en copropriété, un défi collectif mais finançable
La rénovation énergétique en copropriété est aujourd’hui l’un des sujets les plus discutés dans les immeubles collectifs de France. Et pour cause : les charges de chauffage s’envolent, les étiquettes DPE se dégradent, et la réglementation impose désormais des obligations claires aux copropriétés les plus énergivores. Que vous soyez propriétaire occupant ou bailleur, vous êtes directement concerné par ces enjeux.
En 2026, plusieurs dispositifs d’aides de l’État permettent de financer une part significative des travaux collectifs : MaPrimeRénov’ Copropriété, primes CEE, éco-PTZ collectif, TVA réduite à 5,5 %… Ces aides peuvent couvrir jusqu’à 50 % du montant des travaux, voire davantage selon les revenus des copropriétaires. Mais pour en bénéficier, il faut respecter des règles précises : voter les travaux en assemblée générale, faire appel à des artisans RGE certifiés, et suivre une procédure administrative rigoureuse.
Dans cet article, nous vous guidons pas à pas : des travaux éligibles aux aides disponibles, en passant par le vote en AG et les démarches concrètes à entreprendre. L’objectif est simple : vous donner toutes les clés pour mener à bien votre projet de rénovation globale en copropriété, sans mauvaise surprise et en maximisant vos aides.
Que votre immeuble soit chauffé collectivement ou individuellement, qu’il date des années 1960 ou des années 1990, des solutions adaptées existent. Suivez le guide.
Pourquoi rénover une copropriété en 2026 ? DPE, charges et réglementation
La question n’est plus vraiment « faut-il rénover ? » mais plutôt « par où commencer ? ». Plusieurs raisons poussent les copropriétés à agir en 2026.
Des obligations réglementaires de plus en plus contraignantes
Depuis la loi Climat et Résilience de 2021, les logements classés F et G au DPE sont progressivement interdits à la location. En 2025, les logements G ont été exclus du marché locatif. En 2028, ce sera au tour des F. Pour les copropriétaires bailleurs, l’urgence est réelle : rénover ou perdre la possibilité de louer.
Par ailleurs, les copropriétés de plus de 200 lots construites avant 2001 avaient l’obligation de réaliser un Diagnostic de Performance Énergétique collectif (DPE collectif) avant le 1er janvier 2024. Celles de 50 à 200 lots avaient jusqu’au 1er janvier 2025. Les plus petites copropriétés (moins de 50 lots) ont jusqu’au 1er janvier 2026. Ce diagnostic est le point de départ de tout projet de rénovation.
Des charges de chauffage qui pèsent lourd sur le budget
Dans un immeuble collectif mal isolé, les charges de chauffage peuvent représenter 30 à 50 % des charges totales de copropriété. Une rénovation énergétique bien menée permet de réduire la consommation d’énergie de 30 à 60 %, selon l’état initial du bâtiment et l’ambition des travaux. Concrètement, cela peut représenter plusieurs centaines d’euros d’économies par an et par logement.
Une valeur patrimoniale en jeu
Un appartement classé D ou E se vend moins cher qu’un appartement classé B ou C. Selon les notaires, l’écart de prix peut atteindre 10 à 20 % dans certaines villes. Rénover, c’est aussi protéger la valeur de son bien immobilier sur le long terme.
Quels travaux sont concernés en copropriété ?
En copropriété, on distingue les parties communes (façades, toiture, cage d’escalier, chaufferie collective) et les parties privatives (appartements). Les aides collectives s’appliquent principalement aux travaux sur les parties communes, mais certains dispositifs concernent aussi les parties privatives.
Les travaux sur les parties communes
- Isolation des façades (ITE) : l’isolation thermique par l’extérieur est l’un des travaux les plus efficaces pour réduire les déperditions thermiques. Elle permet de traiter les ponts thermiques et d’améliorer significativement le DPE collectif. Pour en savoir plus sur les solutions d’isolation thermique, consultez notre guide dédié.
- Isolation de la toiture et des combles : souvent négligée, la toiture est responsable de 25 à 30 % des déperditions dans un immeuble collectif.
- Remplacement de la chaudière collective : passer d’une vieille chaudière fioul à une chaudière gaz à condensation ou à une pompe à chaleur collective permet de réduire drastiquement les consommations. Découvrez toutes les aides disponibles pour un changement de chaudière en 2026.
- Remplacement des fenêtres des parties communes : portes d’entrée, fenêtres de cage d’escalier, verrières…
- Ventilation mécanique contrôlée (VMC) : indispensable pour garantir la qualité de l’air intérieur après isolation.
Les travaux sur les parties privatives
- Remplacement des fenêtres dans les appartements (double ou triple vitrage)
- Installation d’équipements de chauffage individuels performants
- Isolation des planchers bas donnant sur un local non chauffé
Pour un projet de rénovation globale efficace, il est recommandé de combiner plusieurs types de travaux afin d’obtenir un gain énergétique significatif et de maximiser les aides disponibles.
Les aides financières disponibles pour la rénovation énergétique en copropriété
En 2026, plusieurs dispositifs permettent de financer les travaux de rénovation énergétique en copropriété. Voici le panorama complet.
MaPrimeRénov’ Copropriété
MaPrimeRénov’ Copropriété est la principale aide de l’État pour les travaux collectifs. Elle est versée au syndicat de copropriété (représenté par le syndic), puis répercutée sur les charges de chaque copropriétaire.
Conditions d’éligibilité en 2026 :
- La copropriété doit être immatriculée au Registre national des copropriétés.
- Les travaux doivent permettre un gain énergétique d’au moins 35 % (calculé par un audit énergétique préalable).
- Les travaux doivent être réalisés par des entreprises certifiées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
- Le projet doit être voté en assemblée générale à la majorité absolue (article 25 de la loi de 1965).
Montant de l’aide en 2026 :
- 30 % du montant des travaux pour toutes les copropriétés, dans la limite de 25 000 € par logement.
- Un bonus de sortie de passoire thermique de 10 % supplémentaires si le bâtiment passe d’une étiquette E, F ou G à une étiquette D ou mieux.
- Un bonus bâtiment basse consommation de 10 % supplémentaires si le bâtiment atteint l’étiquette B ou A.
Concrètement, une copropriété de 20 logements réalisant 200 000 € de travaux peut percevoir jusqu’à 60 000 € d’aide (30 % + 10 % de bonus), soit 3 000 € par logement.
Les primes CEE (Certificats d’Économies d’Énergie)
Les primes CEE sont versées par les fournisseurs d’énergie (EDF, Engie, TotalEnergies…) en échange de travaux permettant des économies d’énergie. Elles sont cumulables avec MaPrimeRénov’ Copropriété.
En copropriété, les primes CEE concernent principalement :
- L’isolation des façades, toitures et planchers bas
- Le remplacement de la chaudière collective
- L’installation d’une VMC double flux
Les montants varient selon les travaux et les fournisseurs, mais peuvent représenter plusieurs milliers d’euros supplémentaires par logement. Il est conseillé de comparer les offres de plusieurs fournisseurs avant de s’engager.
L’éco-PTZ collectif
L’éco-Prêt à Taux Zéro (éco-PTZ) collectif permet au syndicat de copropriété d’emprunter sans intérêts pour financer les travaux. En 2026, le montant maximum est de 50 000 € par logement, dans la limite de 30 ans de remboursement.
Chaque copropriétaire peut ensuite souscrire un éco-PTZ individuel complémentaire pour financer sa quote-part des travaux collectifs, dans la limite de 50 000 € également (cumulable avec l’éco-PTZ collectif depuis 2022).
La TVA à 5,5 %
Tous les travaux de rénovation énergétique dans les immeubles d’habitation de plus de 2 ans bénéficient du taux réduit de TVA à 5,5 % (au lieu de 10 % ou 20 %). Cette réduction s’applique automatiquement sur la facture de l’artisan RGE, sans démarche particulière.
Sur des travaux de 200 000 €, la différence entre 10 % et 5,5 % de TVA représente une économie de près de 8 200 €. Ce n’est pas négligeable.
Les aides locales et régionales
En complément des aides nationales, de nombreuses collectivités locales proposent des subventions supplémentaires : régions, départements, intercommunalités, villes… Ces aides varient fortement selon les territoires et peuvent représenter plusieurs milliers d’euros supplémentaires.
Pour connaître les aides disponibles dans votre commune, rapprochez-vous de votre Espace Conseil France Rénov’ le plus proche, ou consultez le site officiel de l’ANAH.
Tableau comparatif des aides en copropriété 2026
| Dispositif | Bénéficiaire | Montant / Taux | Condition principale | Cumulable ? |
|---|---|---|---|---|
| MaPrimeRénov’ Copropriété | Syndicat de copropriété | 30 % + bonus jusqu’à 20 % | Gain énergétique ≥ 35 %, RGE obligatoire | Oui (CEE, éco-PTZ) |
| Primes CEE | Syndicat ou copropriétaires | Variable selon travaux | RGE obligatoire, travaux éligibles | Oui (MaPrimeRénov’, éco-PTZ) |
| Éco-PTZ collectif | Syndicat de copropriété | Jusqu’à 50 000 € / logement, 0 % | Travaux éligibles, banque partenaire | Oui (MaPrimeRénov’, CEE) |
| TVA à 5,5 % | Copropriété (immeuble > 2 ans) | Taux réduit sur facture | Artisan RGE, logement > 2 ans | Oui (tous dispositifs) |
| Aides locales | Syndicat ou copropriétaires | Variable selon collectivité | Selon conditions locales | Oui (aides nationales) |
Comment voter les travaux en assemblée générale ?
En copropriété, aucun travail important ne peut être réalisé sans l’accord des copropriétaires, exprimé lors d’une assemblée générale (AG). La procédure de vote est encadrée par la loi du 10 juillet 1965.
Les règles de majorité applicables
Les travaux de rénovation énergétique sont soumis à des règles de majorité spécifiques :
- Majorité absolue (article 25) : pour voter les travaux d’amélioration (isolation, remplacement de chaudière collective, installation de VMC…). La décision est adoptée si elle recueille la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents.
- Double majorité (article 26) : pour les travaux les plus importants (ex : installation d’une nouvelle énergie non prévue dans le règlement de copropriété).
- Majorité simple (article 24) : pour les travaux d’entretien courant ou les études préalables (audit énergétique, DPE collectif).
Le rôle du conseil syndical et du syndic
Le conseil syndical joue un rôle clé dans la préparation du projet. Il peut :
- Mandater un bureau d’études pour réaliser l’audit énergétique
- Solliciter plusieurs devis d’artisans RGE pour les comparer
- Présenter le projet et le plan de financement aux copropriétaires avant l’AG
- Accompagner le syndic dans les démarches de demande d’aides
Le syndic, quant à lui, est le représentant légal du syndicat de copropriété. C’est lui qui dépose les dossiers de demande d’aides (notamment MaPrimeRénov’ Copropriété via le portail de l’ANAH) et qui signe les contrats avec les entreprises.
En cas de blocage : le vote à la double majorité simplifiée
Si une résolution soumise à l’article 25 n’obtient pas la majorité absolue mais recueille au moins un tiers des voix, elle peut être soumise immédiatement à un second vote à la majorité simple (article 25-1). Ce mécanisme permet de débloquer des situations de blocage fréquentes dans les grandes copropriétés.
Les étapes clés pour lancer un projet de rénovation en copropriété
Un projet de rénovation énergétique en copropriété se déroule généralement en plusieurs phases. Voici le calendrier type pour un projet abouti.
Étape 1 : Réaliser le DPE collectif et l’audit énergétique
Le DPE collectif est obligatoire depuis 2024 pour les grandes copropriétés. L’audit énergétique, lui, est indispensable pour accéder à MaPrimeRénov’ Copropriété : il permet d’identifier les travaux prioritaires, de chiffrer le gain énergétique attendu et de définir un plan pluriannuel de travaux (PPT).
Coût moyen d’un audit énergétique en copropriété : entre 3 000 et 8 000 €, selon la taille de l’immeuble. Cet audit peut être subventionné par certaines collectivités locales.
Étape 2 : Faire voter les études préalables en AG
Avant de lancer les travaux, il faut voter en AG la réalisation de l’audit énergétique et du PPT. Ce vote se fait à la majorité simple (article 24). Profitez-en pour informer les copropriétaires des aides disponibles et de l’impact sur leurs charges.
Étape 3 : Collecter les devis d’artisans RGE
Pour présenter un projet solide en AG, le conseil syndical doit disposer d’au moins 2 à 3 devis d’entreprises certifiées RGE. Ces devis permettent de comparer les prix, les délais et les garanties proposées. Sur Vos Travaux Réno, vous pouvez obtenir gratuitement et sans engagement plusieurs devis d’artisans RGE de votre région.
Étape 4 : Voter les travaux en AG
Une fois les devis en main, le syndic inscrit la résolution à l’ordre du jour de l’AG. Le vote se fait à la majorité absolue (article 25). Si le projet est bien préparé et que les copropriétaires comprennent les bénéfices (baisse des charges, valorisation du patrimoine, confort), le vote a toutes les chances d’aboutir.
Étape 5 : Déposer les dossiers d’aides
Après le vote, le syndic dépose la demande de MaPrimeRénov’ Copropriété sur le portail de l’ANAH (maprimerenov.gouv.fr). Il constitue également les dossiers pour les primes CEE et l’éco-PTZ collectif. Important : les demandes d’aides doivent être déposées AVANT le début des travaux.
Étape 6 : Réalisation des travaux et versement des aides
Les travaux sont réalisés par les entreprises RGE sélectionnées. La durée varie selon l’ampleur du chantier : de quelques semaines pour une isolation de toiture à plusieurs mois pour une rénovation globale de façade. Les aides sont versées après réception des travaux et présentation des factures.
Pourquoi le choix d’un artisan RGE est indispensable
La certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) est une condition sine qua non pour bénéficier de toutes les aides financières liées à la rénovation énergétique : MaPrimeRénov’, primes CEE, éco-PTZ… Sans artisan RGE, aucune aide n’est possible.
Cette certification garantit que l’entreprise a reçu une formation spécifique aux travaux de rénovation énergétique et qu’elle est régulièrement contrôlée par des organismes indépendants. Elle est attribuée par des organismes accrédités (Qualibat, Qualifelec, Qualit’EnR, etc.) pour une durée de 4 ans, renouvelable.
Pour votre copropriété, il est recommandé de vérifier la certification RGE de chaque entreprise avant de signer un devis. Vous pouvez le faire directement sur le site france-renov.gouv.fr ou en passant par une plateforme spécialisée comme Vos Travaux Réno, qui ne met en relation qu’avec des artisans certifiés RGE.
Attention aux démarchages abusifs : certaines entreprises se présentent comme « partenaires de l’État » ou « agréées MaPrimeRénov' » sans être réellement certifiées RGE. Vérifiez toujours la certification avant de signer quoi que ce soit.
FAQ : vos questions sur la rénovation énergétique en copropriété
Quel est le montant maximum de MaPrimeRénov’ Copropriété en 2026 ?
En 2026, MaPrimeRénov’ Copropriété représente 30 % du montant des travaux, dans la limite de 25 000 € par logement. Des bonus supplémentaires de 10 % peuvent s’ajouter si le bâtiment sort du statut de passoire thermique (passage en étiquette D ou mieux) ou atteint l’étiquette B ou A. Au total, l’aide peut donc atteindre 50 % du montant des travaux dans les meilleurs cas.
Faut-il obligatoirement un artisan RGE pour bénéficier des aides en copropriété ?
Oui, la certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) est obligatoire pour accéder à MaPrimeRénov’ Copropriété, aux primes CEE et à l’éco-PTZ collectif. Sans artisan RGE, aucune aide d’État ne peut être versée. Vérifiez toujours la certification de l’entreprise avant de signer un devis, sur le site france-renov.gouv.fr.
Quelle majorité faut-il pour voter des travaux de rénovation énergétique en copropriété ?
La plupart des travaux de rénovation énergétique (isolation, remplacement de chaudière collective, VMC…) sont votés à la majorité absolue, dite « article 25 » : la résolution doit recueillir la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents. Si ce seuil n’est pas atteint mais que plus d’un tiers des voix sont favorables, un second vote à la majorité simple peut être organisé immédiatement.
Quel est le délai moyen pour réaliser une rénovation énergétique en copropriété ?
Un projet de rénovation énergétique en copropriété prend généralement entre 12 et 24 mois, de l’audit énergétique au versement des aides. Les phases les plus longues sont la préparation du dossier, le vote en AG et les démarches administratives. La réalisation des travaux elle-même dure de quelques semaines (isolation de toiture) à plusieurs mois (ravalement de façade avec ITE). Il est donc important de commencer les démarches le plus tôt possible.
Les aides sont-elles versées avant ou après les travaux ?
Les demandes d’aides (MaPrimeRénov’ Copropriété, primes CEE) doivent être déposées AVANT le début des travaux. En revanche, le versement des aides intervient après la fin des travaux, sur présentation des factures et des attestations de fin de chantier. L’éco-PTZ collectif permet de préfinancer les travaux en attendant le versement des subventions.
Peut-on cumuler plusieurs aides pour la rénovation d’une copropriété ?
Oui, les aides sont cumulables entre elles. MaPrimeRénov’ Copropriété peut se combiner avec les primes CEE, l’éco-PTZ collectif et la TVA à 5,5 %. Des aides loc
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